New Ribbon
Imprimer la page

Baden Powell (1857-1941)

L'enfance

Robert Stephenson Smith Baden-Powell est né le 22 février 1857 à Londres dans une famille anglicane. Huitième enfant sur dix, il n'a que trois ans à la mort de son père, professeur à l'université d'Oxford. Avec ses frères et soeurs, il passe ses vacances à faire de grandes randonnées dans la campagne, à construire des huttes, à suivre des pistes,...
Dès son plus jeune âge, BP est attaché à la nature. A 13 ans, c'est un rouquin plein de taches de rousseur. En cette année 1870, il est pensionnaire au collège de Chaterhouse. Autour de celui-ci, il y a le «Taillis» : la colline boisée au-delà des terrains de jeux de l'école. Au risque d'être renvoyé (car évidemment le Taillis est interdit aux élèves), BP s'y faufile dès qu'il le peut, et y découvre plein d'oiseaux, de belettes, de campagnols d'eau,... Il faut inventer mille ruses pour s'approcher d'eux et les observer. Il y a aussi beaucoup de lapins; il leur tend des pièges et fait ensuite cuire son gibier avec précaution, en évitant qu'une fumée indiscrète n'attire l'attention des surveillants.

Sa carrière militaire

Ayant échoué à l'examen d'admission à l'université, il entre dans l'armée après avoir brillamment réussi ses examens. Il part aux Indes. Comprenant l'importance de l'entraînement physique, il s'impose de ne pas fumer et de boire peu. Il pratique beaucoup de sport ainsi que la chasse aux sangliers. Il continue, comme au collège, à s'entraîner à l'observation en se perfectionnant dans l'art de suivre les traces ; cela lui permit, un jour, de retrouver un cheval échappé.
En 1899, pendant le siège de la ville de Mafeking (Afrique du Sud), BP utilise les jeunes garçons qu’il désigne comme messagers, observateurs ou sentinelles. Cette bataille permit une fois de plus à BP d'utiliser ses dons de comédien et son imagination aussi bien pour tromper l'adversaire que pour soutenir le moral des assiégés. Des boîtes de biscuits embouties et hissées sur un poteau servant de réflecteurs à des lampes à acétylène font penser aux ennemis que la garnison dispose de projecteurs et peut faire face à des assauts nocturnes. Avec un grand mégaphone en fer blanc, BP se rend la nuit dans les tranchées avancées et imite plusieurs voix, faisant croire à la sortie d'une patrouille. A l'issue de sa victoire à Mafeking, BP devient un héros pour toute l'Angleterre et l'un des britanniques les plus connus de l'époque. Il remarque combien ces garçons avaient pris leurs missions à coeur. BP expose ses idées sur les éclaireurs militaires dans son livre Aids to scouting. Ce livre connaît un grand succès, mais pas seulement chez ceux à qui il était destiné. BP reçoit des lettres de lecteurs lui demandant des conseils.

Sa vision de l’éducation

Il avait remarqué que les jeunes soldats instruits dans les casernes, dressés à marcher au pas et à obéir sans comprendre, ne savaient pas se débrouiller dans des situations imprévues. Jugeant préférable de développer chez ses hommes l'esprit d'initiative, l'ingéniosité, le sens de l'équipe ou l'habileté manuelle, il les groupe en patrouilles et leur apprend à prendre des responsabilités, ce qu’on appellera plus tard le Scouting (escoute en vieux français).
A son retour d’Afrique du Sud, BP est frappé par le spectacle des mendiants des grandes villes. Un tiers de la population est sous-alimentée, le vandalisme et la criminalité se développent, le chômage augmente. BP veut faire quelque chose de concret. Lorsqu'il voit «ces milliers d'adolescents pâles, au thorax étriqué, accroupis le menton sur les genoux, espèces misérables, fumant éternellement des cigarettes et s'abaissant jusqu'à la mendicité», il sait alors quoi faire.

Premier camp éclaireurs

En 1907, BP veut tester son idée et s'embarque sur l'île de Brownsea (au sud de Londres) avec une vingtaine de garçons de diverses couches sociales pour tester le fonctionnement des petits groupes, les techniques d'observation, l'apprentissage par le jeu, pour voir si, livrés à eux-mêmes, des jeunes pouvaient se débrouiller.
Le succès est total. Il rédige la version définitive de Scouting for Boys (Eclaireurs en français), l'ouvrage dans lequel il présente sa méthode.
Le succès est immédiat et s’étend largement à travers le monde.

Acclamé responsable mondial

Lors du premier jamboree (rassemblement international) en 1920, BP est unanimement proclamé responsable mondial.
Ce titre n'était pas honorifique, car BP était véritablement considéré par tous comme leur responsable. L'enthousiasme que généraient sa présence et le silence qui régnait quand il levait la main pour prendre la parole ne laissaient aucun doute : BP avait conquis les coeurs et capté l'imagination de ceux qui adhéraient à ses idées, quel que fût le pays d'où ils venaient.

Retraite scoute

BP fait ses adieux aux scouts en 1937 lors du jamboree de Hollande: «Il est temps pour moi de vous dire good-bye. Je suis dans ma 81e année et je m'approche de la fin de ma vie. Mais la plupart d'entre vous est au début de sa vie.» Il passe le restant de sa vie au Kenya. C'est le 8 janvier 1941 qu'il y est mort. Auteur infatigable, BP a écrit en tout 32 livres. Sur sa tombe se trouvant dans le cimetière de Nyieri, est indiqué le signe «fin de piste».

Son dernier message aux scouts du monde

«Essayez de quitter cette terre après l'avoir rendue meilleure que vous ne l'avez trouvée. Et quand viendra votre tour de mourir, mourez heureux, en songeant que vous n'aurez pas perdu votre temps, que vous aurez fait de votre mieux.«Soyez prêts dans cette voie de manière à vivre et à mourir heureux. Souvenez-vous de votre promesse scoute... toujours! même quand vous ne serez plus un garçon et que Dieu vous aide à la tenir. «Votre ami, Baden-Powell»

TOP